
« Non, me disais-je en manière d’encouragement ou pour rappel, presqu’avec rage, décidément non cette joie ne m’épargne aucune douleur, ne me sauve pas des coups et nullement à cette minute, nouvelle minute de vérité comme chacune peut l’être, de cette déflagration au ventre, au cœur, tout ensemble alors concerné, comme si on y déchargeait les feux d’une mitraillette, comme si y explosaient des mines. La voilà vive de cette vie gagnée, accrue, de ce déploiement par lequel j’adviens et à défaut duquel je cesserai d’être, de ce qui me « pousse » et au travers, crève le doux cocon du moi. Cette joie, non seulement fait fi des protections et précautions de toutes sortes, mais les récuse. Nul abri pour elle, nul asile : elle va seule et nue, et ainsi rentre dans la mêlée sans hésiter, sans une ombre pour la retenir ; elle s’engage toute rayonnante, franche dans la blessure, aussitôt au cœur. Elle y demeure sans la nier, peut-être davantage pour la dépasser que pour l’apaiser. La dépasser en la laissant être totalement. La portant, en quelque sorte, mais ne la soulageant pas, n’enlevant rien à son poids. Je dois en vivre tout, jusqu’au dernier éclat. La joie permet cela, et je ne suis pas loin parfois de lui faire reproche de cette endurance que je tiens d’elle.
Car cette joie est terrible. Déjà parce qu’elle m’oblige à ne pas lâcher, baisser, à ne pas céder devant mes peurs, mes peines et celles des autres, à ne pas reculer devant quoi ou qui que ce soit, et moi la première. À ne pas m’enfermer en un futile tête-à-tête, trompeur cœur-à-cœur avec elle, abusivement m’en délectant, et refoulant dehors, ailleurs, ce qui la menacerait, m’adonnant à un pathétique oubli, au reniement de ma condition, déni de ma chair et de mon sang, de mes affections et désirs, de mes déceptions et chagrins, déni des absences, des morts. De ma mort à l’œuvre dans l’œuvre de la vie. Sourde et aveugle quand elle est lumière pour la lucidité également. La joie, cette certitude de sens, ce plein d’énergie reçue, veut que je m’en serve, ainsi la servant, l’accroissant. Ainsi ici, aujourd’hui, que je vive cette douleur, sans complaisance mais en toute conscience. Sans m’y dérober. Que j’avance dedans, dans ce qui me fait mal. Mais aussi que je fracture toutes les verrous, j’ouvre grand fenêtres et portes. Car cette joie, qui tient seul du dedans, son tout du plus intérieur, me réclame aussi dehors, m’appelle dans la rue, m’attend dans l’entreprise, me convie dans la cour de l’école, me presse vers les uns, m’intime vers les autres, m’exige auprès de l’amie qui souffre, l’ami qui sombre… Nourrie et travaillée dans l’intimité, la plus profonde qui soit et là non pas à l’étroit mais au large, elle peut se dépenser, dispenser partout, ne dispensant de rien…
Je la sens intense, et par elle tout intense – dont la douleur. L’une ne s’opposant pas à l’autre mais s’accordant. La joie nullement entre parenthèses, en retrait, pas le moins du monde suspendue, mais bien vibrante. Comme soleil et pluie orageuse en certains ciels se mêlent, au plutôt adviennent simultanément sans rien perdre l’un de son rayonnement, l’autre de ses tumultes. Un ciel immuable plus large, accueillant tout cela.
Avec elle, cette joie terrible, traverser sans en rien écarter ce qu’il m’est demandé de vivre. Par elle, accomplir les menus gestes du quotidien, agir dans les petites comme les grandes choses, tout également investi, tout hautement signifiant, et chaque jour de la semaine, et les jours de fête, et les jours de défaite.
ca fait un bout de temps qu je n'ai pa visité ma page hi5 ... heuresement que je l'ai fait puisque cam'a permis de voir tes photos ... que j'adOoOOoOre d'ailleurs... essaye de faire un tour sur ma page myspace ... tu trouveras peut tre ... du moin jsp .. des point commun ( http://myspace.com/warifoto )
a bientot
BizOOOOOOOOOOOooom
Houari